Diversité microbienne et mycotoxines : la biodynamie en avance ?
Un pilier, souvent méconnu, des enjeux sanitaires concerne la santé microbiologique du vin : mycotoxines (toxines produites par des champignons du genre Botrytis, Aspergillus, etc.), ou fermentation incomplète pouvant conduire à des défauts ou des composés indésirables (amines biogènes, phénols volatils).
Les pratiques biodynamiques, en favorisant la biodiversité microbienne du sol et de la grappe, influenceraient la flore qui colonise les raisins, limitant la présence de champignons pathogènes comme Aspergillus (toxines alfatiques) ou d’espèces responsables de la pourriture grise, comme l’a montré une étude de l’Institut de Recherche en Horticulture et Semences (IRHS, 2016). Les vins biodynamiques testés présentaient des concentrations de mycotoxines inférieures de 30 à 40 % à celles mesurées dans les vins bio, et jusqu’à 80 % de moins que les vins conventionnels.
En parallèle, une étude de la revue mSphere (2018) a analysé les écosystèmes microbiens de différents vignobles (conventionnel, bio et biodynamie) : ceux en biodynamie hébergeaient non seulement une diversité supérieure de micro-organismes bénéfiques (levures non-Saccharomyces, bactéries lactiques utiles), mais aussi une résilience accrue face aux pathogènes.
- Biodiversité microbienne au sol : +25 % en biodynamie vs bio (source : mSphere, UC Davis, 2018)
- Réduction des amines biogènes (histamine, tyramine, putrescine) : – 30 % en biodynamie vs bio (source : ISVV, Bordeaux, 2022)
Cette dynamique favorise des fermentations plus « propres » et limite les risques de production de composés toxiques, réputés pour leur rôle dans les migraines et intolérances liées à certains vins.