Pourquoi reconsidérer l’usage des engrais ?
L’utilisation raisonnée des engrais est devenue un enjeu majeur pour l’agriculture contemporaine. L’époque où la fertilisation suivait des recettes universelles est révolue. Si les engrais minéraux et organiques ont permis des bonds de productivité depuis la seconde moitié du XX siècle, ils représentent aujourd'hui un poste de dépenses important et un risque pour l’environnement lorsqu’ils sont mal adaptés aux caractéristiques précises du sol ou du contexte agronomique (INRAE).
Entre 1960 et 2019, la consommation mondiale d’engrais azotés a été multipliée par 11 (source : FAO, 2021), mais l'efficience d’utilisation de l’azote (proportion réellement absorbée par les plantes) reste faible : à l’échelle mondiale, seulement 48% de l’azote appliqué est valorisé par les cultures, le reste se perd dans l’air (protoxyde d’azote), les nappes (nitrates) ou les cours d’eau (Science of the Total Environment, 2018).
Réduire le gaspillage des engrais, adapter leur type, leur dose et leur moment d’application, c’est non seulement optimiser les coûts, mais aussi limiter les impacts environnementaux : eutrophisation, réchauffement climatique, perte de biodiversité (GIEC, SRCCL, 2019). Adapter les engrais aux besoins réels du sol devient indissociable d’une agriculture performante et durable.