Des terroirs et des pratiques qui façonnent la composition des vins
D’un point de vue réglementaire, un vin bio, qu’il soit du Languedoc ou du Bordelais, répond aux mêmes exigences : interdiction des produits phytosanitaires de synthèse et des engrais chimiques, limitation stricte des intrants œnologiques, gestion préventive de la vigne. Néanmoins, le "bio" n’est pas synonyme d’absence totale de traitements ou d’intrants… ni de risque zéro.
Traitements phytosanitaires : quelles différences régionales ?
| Pratiques/Lieu |
Languedoc |
Bordelais |
| Climat |
Méditerranéen : séchage rapide, pression fongique modérée |
Océanique : humidité, pression mildiou/oidium plus élevée |
| Traitement fongiques (ex : cuivre, soufre)* |
Moins d’interventions annuelles (5-6/an typique) |
Jusqu’à 12 traitements annuels sur années humides |
| Innovation |
Focus sur les couverts végétaux, biocontrôle |
Développements autour de cépages résistants en émergence |
*Sources : IFV, Chambre d’Agriculture de l’Hérault, CIVB, INRAE.
Le recours au cuivre – seul fongicide autorisé en bio contre mildiou – se fait donc généralement à doses moindres dans le Languedoc. À Bordeaux, la pression des maladies fongiques pousse parfois à des cumuls proches des maxima annuels autorisés (4 kg/ha/an, règlement UE).
Intrants œnologiques : le bio mais jusqu’où ?
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Seuls 58 additifs et auxiliaires de vinification sont autorisés en bio, contre 250 en conventionnel (Source : Institut Français de la Vigne et du Vin, 2023).
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Les sulfites (SO2), conservateurs et antioxydants, restent présents dans le vin bio mais à des seuils réduits (100 mg/l max en rouge bio contre 150 mg/l en conventionnel).
La pratique montre que, dans le Sud, la maturité accrue des raisins et une meilleure concentration naturelle en polyphénols jouent en faveur d’une diminution des doses de sulfites. Les domaines bio du Languedoc figurent d’ailleurs parmi ceux qui commercialisent le plus de cuvées "sans sulfites ajoutés" (Source : SudVinBio, 2022).