Impact sanitaire : différences réelles sur la qualité des raisins, du vin et du milieu ?
Résidus de pesticides : la question clé
S’intéresser à l’impact sanitaire des labels, c’est d’abord regarder du côté des résidus de pesticides dans les raisins, les vins finis, et l’environnement autour du vignoble.
Selon la DGCCRF (contrôle 2022), moins de 1 % des vins bio présentaient un résidu de pesticide au-delà du seuil réglementaire, contre 19 % dans les vins conventionnels. Les textes imposent depuis 2012 un contrôle strict sur l’absence de molécules de synthèse mais sans garantie zéro résidu, surtout dans les zones à forte pression fongique (ex : Charentes, Sud-Ouest).
Notons néanmoins que le cuivre (autorisé en bio et biodynamie), s’accumule dans les sols au fil du temps, bien que certains domaines innovent via l’agroécologie pour en limiter l’usage (couverts végétaux, tisanes de plantes, robots de désherbage).
Le vin bio, une alternative plus saine ?
L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) n’a pas démontré de bénéfice sanitaire direct lié à la consommation de vin bio par rapport au conventionnel, si ce n’est la réduction du cocktail de résidus chimiques (EFSA). D’un point de vue analyse sensorielle, plusieurs études montrent des profils aromatiques différents, mais le consensus sur un « vin plus sain » reste mesuré hors du strict critère des contaminants.
Pour la biodynamie, l’étendue honnête des preuves scientifiques est encore limitée, malgré des terroirs emblématiques (Alsace, Bourgogne, Loire) où la vitalité des sols et la richesse de la biodiversité s’affichent comme arguments différenciants (Terre de vins).
Enjeux sanitaires pour les riverains et la biodiversité
La question dépasse le produit fini. Plusieurs rapports de l’ANSES soulignent les bénéfices potentiels d’une réduction chronologique des applications de pesticides sur l’exposition des riverains (ANSES). La reconnaissance sanitaire du bio réside là : l’impact moindre sur la faune auxiliaire, la santé des sols, la recharge des nappes phréatiques.
- En 2019, une synthèse de l’INRAE rapportait une augmentation de 30 à 60 % de la biodiversité végétale et microbienne autour des parcelles converties en bio (source : INRAE).
- Des études sur la toxicité chronique (maladies neurodégénératives, perturbations endocriniennes) chez les riverains de zones viticoles sont en cours, mais le faisceau de présomption en faveur du bio reste fort (voir Le Monde).