Vers des systèmes agricoles régénératifs ?
L’accroissement de la présence de couverts végétaux dans les assolements français et européens traduit une mutation profonde de l’agriculture contemporaine : celle du passage d’une gestion curative des sols (amendements, pesticides, fertilisants) à une approche préventive et régénératrice. Bien plus qu’une pratique “verte” ou réglementaire, le couvert végétal s’impose comme une pièce maîtresse pour restaurer les sols dégradés, anticiper les aléas climatiques et redonner de la résilience aux territoires agricoles.
À moyen terme, leur généralisation pourrait redéfinir le paradigme de la fertilité — en remettant la matière organique, la vie du sol et la diversité à la base même de la productivité. Pour nombre d’agriculteurs, le plus grand retour sur investissement reste la reconquête de sols vivants et robustes, capables de supporter des systèmes innovants, intensifs en biodiversité et faiblement dépendants des intrants. Un enjeu crucial, alors que seuls 1,7 % des terres arables du globe bénéficient aujourd’hui d’une couverture végétale permanente (source : FAO, 2021).
Reste à faire évoluer les filières, les politiques agricoles et l’accompagnement technique, pour élargir l’accès à ces pratiques et maximiser leur potentiel agronomique, environnemental et économique. Car le futur de l’agriculture durable s’écrit, très concrètement, à la surface — et dans la profondeur — de nos sols.