Alimentation, médicaments, résidus : quelles différences mesurées ?
Métabolisme des aliments et allergies alimentaires
Des enquêtes comme l’étude NutriNet-Santé (France, 2009-2022) soulignent que la prévalence des allergies alimentaires diffère nettement : environ 4 % des françaises contre 2,8 % des français déclarent une allergie aux protéines végétales ou animales. La métabolisation du fer ou du calcium diffère aussi, facteur aggravant ou protecteur d’ostéoporose et d’anémies selon le sexe (NutriNet-Santé).
- Le microbiote intestinal semble aussi plus sensible aux régimes riches en fibres ou en alcool chez l’homme, alors que les fluctuations du cycle menstruel modifient la diversité bactérienne chez la femme (Nature Medicine, 2020).
- La biodisponibilité des phytoestrogènes (ex : soja) peut agir comme un modulateur hormonal chez la femme non ménopausée. Les effets protecteurs sont en débat pour ce groupe.
Pesticides et résidus chimiques : des seuils de danger révisés
Les risques associés à l’exposition aux pesticides diffèrent entre sexes, parfois dès la phase d’expérimentation animale. Pour le glyphosate, les études chez le rat suggèrent un impact sur la fertilité et les cycles hormonaux féminin non observé chez les mâles, à dose équivalente. En population humaine agricole, les données épidémiologiques pointent une incidence accrue de troubles endocriniens et de cancers du sein chez les femmes exposées professionnellement (EFSA).
La Commission européenne a ainsi demandé à intégrer la dimension “genre” dans l’évaluation de la toxicité chronique des nouveaux phytosanitaires depuis 2021.
Médicaments, vaccins et effets indésirables
- Une femme a 1,5 à 2 fois plus de risques de déclarer un effet secondaire pour un médicament, selon une vaste revue des publications 2000-2019 (PubMed).
- Cela s’est illustré récemment avec les vaccins anti-Covid : environ 70 % des effets indésirables graves déclarés à l’ANSM (France) sur ce segment concernent des femmes (alors qu’elles représentent 60 % des injectés sur la période considérée).
Parmi les causes : différences hormonales, gènes portés sur les chromosomes sexuels, mais aussi interaction avec l’alimentation, la flore intestinale, ou l’utilisation simultanée de contraceptifs ou traitements hormonaux.