Nappes phréatiques et eaux de surface : une contamination silencieuse
L’un des effets les plus préoccupants de l’excès d’azote est la pollution des eaux souterraines et superficielles. Dès les années 1990, l’Union européenne a classé les nitrates comme contaminant principal des eaux potables sur le continent (Directive Nitrates 91/676/CEE).
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En France : Entre 28 % et 35 % des points de captage en eau potable présentent régulièrement des taux de nitrate dépassant les 25 mg/L [Secrétariat d’État à la biodiversité, 2022]. La limite réglementaire de potabilité fixée à 50 mg/L est atteinte ou dépassée sur 5 à 7 % des captages selon les années.
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Effets sur l’eau de surface : Dans les bassins de la Loire et de la Bretagne, le taux de nitrate dans les rivières dépasse fréquemment 30 mg/L, favorisant la présence d’algues vertes et l’eutrophisation (source : Ifremer).
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Problèmes sanitaires : L’ingestion de nitrate en excès peut entraîner des troubles chez les nourrissons (méthémoglobinémie) et potentialiser la formation de nitrosamines, composés classés comme cancérigènes probables (OMS).
Les nappes phréatiques contaminées par les nitrates nécessitent des traitements coûteux. D’après l’Agence de l’eau Seine-Normandie, chaque mg/litre de nitrate retiré de l’eau potable représente un surcoût annuel de 0,15 à 0,2 euros par habitant, soit plusieurs centaines de millions d’euros à l’échelle nationale.
Les pollutions azotées sont d’autant plus complexes à traiter que le transfert des nitrates dans les nappes peut prendre des années, voire des décennies, en fonction de la perméabilité des sols et de la profondeur des aquifères (source : BRGM).