Quels effets du vin sur la santé du cœur ? Analyse des faits
Ce que disent les grandes études épidémiologiques
Des cohortes comme la Copenhagen City Heart Study (BMJ, 1995) ou le MONICA Project montrent un effet en forme de « J » de la consommation d’alcool sur les maladies cardiaques : l’abstinence totale et la consommation excessive augmentent le risque cardiovasculaire, tandis qu’une consommation modérée semble associée à une réduction de l’incidence des maladies coronariennes (BMJ, Grønbæk et al., 1995).
Les bénéfices, s’ils existent, concernent surtout les maladies coronariennes (angine de poitrine, infarctus du myocarde) et intensifient une réflexion sur la part du mode de vie global (alimentation, activité physique, environnement social) dans la diminution du risque plutôt que sur l’alcool seul. Enfin, la consommation excessive, au-delà de ces limites, inverse les effets et accroît les dangers (hypertension, troubles du rythme, insuffisance cardiaque, AVC hémorragique).
Le vin rouge est-il supérieur aux autres alcools ?
Plusieurs études attribuent un effet protecteur au vin rouge en raison de sa richesse en polyphénols, comparé à la bière ou aux spiritueux. Cependant, une méta-analyse publiée dans The Lancet (2006) suggère que c’est surtout la dose d’alcool, pas la nature de l’alcool, qui est déterminante dans la prévention cardiovasculaire. En clair, ce n’est pas tant l’origine (vin, bière, liqueur) que la quantité consommée et la régularité de la consommation modérée qui importent.
Néanmoins, la majorité des experts s’accordent sur le fait qu’il est préférable, si on consomme, de le faire au cours des repas, comportement typique des cultures méditerranéennes, et d’éviter tout « binge drinking ».