Vieillissement trop long : impacts sur les arômes
L’attrait du vieillissement provient souvent de la promesse de nouveaux arômes complexes : fruits confits, épices, sous-bois, cuir… Or cette phase de maturité ne dure pas indéfiniment. Un excès de garde peut provoquer plusieurs phénomènes problématiques.
L’appauvrissement aromatique
Au fil du temps, les molécules aromatiques issues du fruit s’étiolent pour faire place à des notes de plus en plus uniformisées : pruneau, champignon, vieux cuir. La fraîcheur initiale disparaît, notamment pour les vins rouges, dont les arômes primaires fruités s’effacent : selon l’INAO, au-delà de 20 à 30 ans pour la plupart des Bordeaux rouges, plus de 85% des composés aromatiques volatils responsables du bouquet initial disparaissent.
La dominance de défauts d’oxydation ou de « madelaines »
Plus le vin reste en bouteille, plus il est exposé à l’intervention de l’oxygène, même minime. Cela favorise l’apparition de notes d’oxydation prononcées : rance, noix, vernis, pomme blette. Sauf exceptions (vins oxydatifs comme certains Juras ou Madères), ces arômes sont considérés comme des défauts dans la plupart des grands vins de garde.
- Pour les vins blancs, ce vieillissement oxydatif s’accélère : une étude menée par l’AWRI (Australian Wine Research Institute) montre qu’un chardonnay âgé de plus de 25 ans sur 30 échantillons testés était considéré comme « fatigué » ou « trop avancé » par 92% des dégustateurs professionnels.
- Les notes de madérisation (liées à un vieillissement prolongé ou des températures inadéquates) sont considérées comme indésirables dans la majorité des AOC françaises.